lundi 31 mars 2008

Ephémérides du mois d'avril 2008 en ligne...

Toutes nouvelles, toutes fraîches, nos éphémérides astronomiques dédiées au mois d'avril 2008 viennent d'être mises en ligne ! Vous y retrouverez notamment les rapprochements célestes les plus intéressants, dont un rapprochement Lune/Pléiades superbe à observer...

Pour y accéder, cliquez ici !

mercredi 12 mars 2008

Pollution lumineuse, quand tu nous tiens...

La pollution lumineuse est devenue le problème n° 1 rencontré par la plupart des astronomes amateurs occidentaux ! A ceci une raison fort simple : les villes se développent de plus en plus, de même que les éclairages urbains, souvent mal adaptés. Autre raison, psychologique et subjective : éclairer est souvent synonyme pour le citoyen (mal informé) de sécurité, alors que les études réalisées ne montrent aucune corrélation entre éclairage et sécurité, bien au contraire.

Pour l'astronome amateur, deux solutions sont possibles pour accéder à un meilleur ciel : se déplacer ou utiliser des filtres de rejet de pollution lumineuse !

Migrer vers d'autres cieux... Tout le monde ne peut pas le faire, d'autant qu'en France métropolitaine le temps n'est guère stable et il est difficile de programmer un déplacement de plusieurs dizaines de km ou plus avec la certitude que le beau temps sera au rendez-vous ! Certaines régions demeurent très convenables sur le plan de la qualité du ciel : citons par exemple le centre de la France ainsi que quelques zones de Haute-Provence particulièrement sombres. Bien entendu, il n'est pas forcément obligatoire d'aller loin pour profiter d'un bon ciel...

La campagne est souvent propice à réaliser de belles observations. En région parisienne par exemple, la Seine et Marne réserve de très bonnes surprises pour peu que l'on mette une cinquantaine de km entre le site d'observation choisi et la capitale. En fait, vous l'aurez compris, il suffit de s'éloigner le plus possible des lumières des villes pour retrouver une qualité de ciel digne de ce nom. Si tel est le cas, à vous les objets célestes les plus faibles, tels que nébuleuses et galaxies.

Ci-dessous : une image de la Voie lactée prise en Seine et Marne, à 50 km de Paris. Même à une distance aussi proche d'une si grande ville, il est possible d'observer la Voie lactée. Notez aussi que le bas de l'image est plus clair que le haut : prise au grand angle, cette image montre que la pollution lumineuse est plus sensible vers les horizons que vers le zénith.

Utiliser des filtres de rejet de pollution lumineuse... Même si ce précieux accessoire n'est pas la panacée, force est de reconnaître qu'il permet d'améliorer sensiblement la noirceur du ciel, donc le contraste des objets pointés. Certains de ces filtres peuvent d'ailleurs aussi être utilisés depuis un bon site, car leur efficacité est pour l'essentiel ciblée sur un type d'objet particulier. Explications...

Les filtres de rejet de pollution classiques : ce sont les LPR, Deep Sky, Broadband, UHC-S, etc. Leur bande passante (le filtrage que reçoit leur optique) est assez large, centrée sur les raies des H-Alpha, H-Bêta et Oxygène, mais en interdisant le passage des lumières centrées sur le sodium et le mercure (éclairages publics). Pour l'amateur, leur recours se traduit par un assombrissement net du fond de ciel et par une augmentation du contraste de l'objet, variable en fonction de ses caractéristiques : une galaxie sera peu renforcée, au contraire d'une nébuleuse à émission.

Ci-dessous : le filtre Baader UHC-S. Son appellation est un peu trompeuse mais il s'agit bel et bien d'un filtre appartenant à la famille des filtres de rejet de pollution lumineuse classiques. Il permet donc de noircir le fond de ciel et s'avère efficace sur un grand nombre d'objets, galactiques ou nébuleux. Cliquez sur l'image pour accéder aux fiches techniques des filtres.

Les filtres à bande passante plus étroite : ce sont les Narrowband, UHC, etc. Leur bande passante est plus étroite et centrée sur la raie de l'oxygène. Ces filtres sont nettement plus efficaces que les précédents mais ne fonctionnent pas avec les objets galactiques. En revanche, ils permettent de renforcer de manière sensible le contraste de la plupart des nébuleuses.

Ci-dessous : la nébuleuse d'Orion observée sans et avec un filtre LPR. Sur l'image de gauche, la nébuleuse apparait faiblement contrastée et le fond de ciel assez clair. Au contraire de l'image de droite vue à travers un filtre spécifique.

Les filtres Oxygène : ce sont les filtres OIII. Leur bande passante est centrée uniquement sur l'oxygène, c'est-à-dire sur la lumière reflétée par les nébuleuses planétaires. Leur efficacité est souvent assez spectaculaire, mais leur bande passante restreinte oblige à utiliser une lunette ou un télescope de bon diamètre (souvent 150 mm au minimum).

Ci-dessous : plusieurs filtres pour ciel profond... Au coulant de 31,75 mm (le plus petit des trois), au coulant de 50,8 mm (le moyen), - ils se vissent donc sur la douille des oculaires - et à visser au foyer d'un télescope Schmidt-Cassegrain (le plus grand).

Les autres filtres : ce sont les H-Bêta, et les Swanband. Les premiers ne sont dédiés qu'aux nébuleuses obscures, c'est-à-dire les nébuleuses vues en 'contre jour' (des étoiles brillantes en arrière plan mettent en évidence leur forme par effet de contraste). L'exemple typique est celui de la nébuleuse de la Tête de cheval. Leur bande passante étant très étroite, un instrument d'au moins 200 mm est préférable pour les utiliser. Les seconds, les Swanband, mettent en évidence les comètes (leur noyau notamment).

Christophe Lehénaff

vendredi 15 février 2008

L'éclipse totale de Lune du 21 février 2008 !

Dans la nuit du 20 au 21 février prochain, la Lune s'effacera du ciel pour laisser la place à un disque ocre jaune certainement spectaculaire. Ce phénomène sera visible dans une grande partie du monde, Europe et Afrique de l'Ouest, continent Sud-Américain, Est de l'Amérique du Nord, et Arctique. En Europe, et donc en France, il faudra scruter notre satellite à partir de 1 h 40 (donc le jeudi matin) pour commencer à distinguer une baisse de sa luminosité.

Une éclipse de Lune, comment ça marche ? Au contraire d'une éclipse totale de Soleil, c'est la Terre qui s'interpose devant le Soleil depuis notre satellite : le trio Soleil / Terre / Lune est alors parfaitement aligné... Notre planète projetant un cône d'ombre dans l'espace, la Lune se glisse dedans au fur et à mesure de son orbite.

Pour un observateur situé sur Terre, la Pleine Lune brille d'abord de son plus bel éclat, puis commence à rentrer dans la pénombre du cône d'ombre projeté par la Terre (son éclat diminue alors légèrement), puis dans le cône sombre lui-même (cette fois le disque lunaire est 'grignoté' au fil des minutes), jusqu'à pénétrer totalement dans l'ombre : la Lune devient sombre et d'une couleur ocre ou rouge. Cette teinte caractéristique est la conséquence des quelques rayons lumineux en provenance du Soleil réfractés par l'atmopshère terrestre.

Comment va se dérouler le phénomène ? La Lune va rentrer dans la pénombre de l'ombre de la Terre à partir de 1 h 40 (heure locale). Sa luminosité commencera alors à diminuer, mais très légèrement.
C'est vers 2 h 45 que les choses sérieuses vont commencer : notre satellite pénètre cette fois dans l'ombre de la Terre. Son disque va donc s'effacer au fil du temps, donnant à l'astre sélène un aspect irréel de 'fausse' phase lunaire.
Vers 4 h 03, c'est le début de la totalité : la Lune n'étant pas tout à fait au centre de l'ombre de la Terre, il y a fort à parier qu'elle demeurera assez lumineuse, avec une teinte ocre jaune typique.
La totalité prend fin vers 4 h 47 ! S'ensuit alors la dernière phase partielle rendant à la Lune sa luminosité normale (fin de l'éclipse par l'ombre vers 6 h 07, et par la pénombre vers 7 h 14).

A noter que la fin de l'éclipse partielle par la pénombre se déroulera alors que la Lune ne sera plus qu'à 5 degrés de hauteur au-dessus de l'horizon Ouest Nord-Ouest. A cette faible hauteur, et alors que le ciel commence à s'éclaircir avec l'arrivée de l'aube, aucun différence de lumière ne sera plus détectable par l'observateur.
Enfin, précisons que la planète Saturne sera non loin de la Lune : durant la totalité, la planète aux anneaux se situe à environ 4 degrés de la Lune (au-dessus, et à gauche depuis la France)

Ci-dessus, à gauche : le détail d'une des deux phases partielles, réalisé sous la forme d'un chapelet (surimpression de diverses images prises à intervalle régulier). On le voit très bien, le disque lunaire disparaît progressivement.
Ci-dessus, à droite : l'éclipse est totale ! La Lune prend une teinte particulière. Sur cet exemple, on voit très bien que l'éclairement de la Lune n'est pas homogène : c'est sans doute ce qui se produira le 21 février car notre satellite passe en périphérie de l'ombre terrestre.

Depuis quel site observer ? N'importe quel site fait l'affaire à condition que le ciel soit bien entendu dégagé (pas de nuages). En revanche, admirer un tel phénomène depuis un bon site (campagne, montagne), loin des pollutions lumineuses, offre un plus irremplaçable : celui de voir 'monter' le fond de ciel au fur et à mesure de la disparition de notre satellite : l'observateur découvre, au fil du temps, les étoiles et objets célestes les plus faibles qui avaient disparu, 'effacés' par la lumière lunaire au moment de la Pleine Lune.

Ci-dessus : la Lune éclipsée resituée dans son contexte sous un très bon ciel... L'amateur voit alors toutes les étoiles, même assez faibles, à proximité.

Avec quel instrument observer l'éclipse ? L'oeil nu... Mais l'idéal est de posséder une bonne paire de jumelles à fixer, si possible, sur un trépied photo. Les observateurs privilégieront ainsi des classiques jumelles 10x50, ou mieux encore des jumelles puissantes de type 20x80.
Cet instrument un peu particulier offre l'avantage de faire profiter d'une vision à deux yeux du phénomène : un confort important qui se double d'une qualité de visualisation supérieure... La Lune est en effet un objet céleste assez gros dans le ciel (diamètre apparent de 30 minutes d'arc environ). Il n'est donc guère utile de pousser les grossissements mais plutôt d'élargir le champ afin d'englober toute la scène.

Ci-dessus, à gauche : les jumelles Colorado 10x50.... Un grand classique, très efficace et de qualité. Le grossissement de x10 et le diamètre confortable des objectifs (50 mm) la rendent polyvalente pour l'observation du ciel comme de la nature.
Ci-dessus, à droite : les Geoptik 20x80 offrent un grossissement élevé de x20 et un diamètre d'objectifs très confortable (80 mm). De quoi admirer de nombreux objets célestes, du ciel profond en particulier.
(Vous pouvez cliquer sur les vignettes pour avoir plus d'infos...).

Comment photographier le phénomène ? Au foyer d'une lunette ou d'un télescope par exemple... Les temps de pose sont courts durant les phases partielles, et de plusieurs secondes durant la totalité. Durant cette dernière, il est primordial de posséder un instrument équipé d'une monture motorisée afin de suivre la Lune dans son déplacement apparent.
Pour ceux qui ne possèdent pas de matériel astronomique, un boîtier photo numérique équipé d'un petit téléobjectif (200 ou 300 mm) peut faire l'affaire : installé sur un pied photo, il faut sélectionner une sensibilité élevée (minimum 800 iso), la plus grande ouverture de diaphragme possible de l'objectif et effectuer des temps de pose durant la totalité de 1/2 s maximum.

Bonnes observations...

Christophe Lehénaff

mardi 12 février 2008

Rencontre avec Xavier Yvanoff...

Xavier Yvanoff est l'auteur d'une nouveauté très attendue : L'imaginaire du ciel au Moyen Age !

Il nous parle de son ouvrage...

L’idée d’écrire ce livre est née bien naturellement du désir que j’ai de comprendre la société médiévale et particulièrement les mentalités de cette époque. Or il est certain que les « terreurs célestes » décrites dans cet ouvrage nous montrent de simples gens de cette période aux prises avec des phénomènes qui les dépassent parce qu’ils ne les comprennent pas. La manière dont ils réagissent, tout comme la manière dont les chroniqueurs nous relatent ces faits nous donne de précieux renseignements sur ces mentalités. C’est la première raison qui a justifié l’écriture de ce livre.

Il semble maintenant difficile de dire si le grand public est encore enclin à accorder un crédit similaire à celui que les hommes du Moyen Age portaient à ces croyances. Il est certain que l’attrait pour ces phénomènes parfois extraordinaires restent le même. On se déplace et on se regroupe pour les observer et les articles de presses des spécialistes de ces questions accaparent l’attention du public. Mais aujourd’hui, nous les comprenons et nous avons des explications scientifiques pour toutes ces choses. Il y manque donc le mystère et parfois la peur qui étaient liés à ces manifestations lorsqu’elles se déroulaient au Moyen Age.

Mais je pense que l’intérêt est toujours très grand, comme si les splendeurs du ciel et les déploiements prodigieux de lumière et de formes que ce dernier est capable de manifester, présageaient toujours de la révélation de quelque secret. Sur ce point, comme l’homme médiéval, l’homme contemporain tente encore de déchiffrer quelque message dans le ciel.

mercredi 30 janvier 2008

Les éphémérides pour le mois de février 2008...

.... viennent d'être mises en ligne sur le site d'URANIE. Vous y retrouverez toutes les infos sur les phénomènes les plus intéressants à découvrir au mois de février, et notamment sur l'éclipse totale de Lune qui aura lieu le 21 février au matin...

samedi 19 janvier 2008

Messenger au-dessus de Mercure !

A première vue, on dirait la Lune. Mais il s'agit bel et bien de la planète Mercure que la sonde américaine Messenger est en train de survoler. Pour les amateurs du genre, le spectacle est grandiose avec des images obtenues d'une finesse extraordinaire, détaillant une partie encore non explorée de la surface mercurienne.

Mercure est la planète la plus proche du Soleil, avec une distance moyenne de 58 millions de km. Elle est aussi la plus petite avec un diamètre moyen de 4 800 km. Conséquence de ces caractéristiques : elle possède une atmosphère quasi inexistante montrant à sa surface les stigmates du passé chaotique du système solaire, sous la forme de milliers de cratères non érodés par le vent ou la pluie (comme sur la Terre) ; ainsi que des amplitudes thermiques colossales (430° C dans l'hémisphère éclairé par le Soleil, contre - 179° C pour l'hémisphère plongé dans l'obscurité !).

La sonde américaine Messenger vient de cartographier au plus près la planète. Une telle visite n'avait pas été effectuée depuis 1975 et la sonde Mariner 10. Les informations collectées permettront peut être de comprendre certaines de ses caractéristiques étonnantes : une densité très élevée (son noyau, composé en grande part de fer, occupe 70 % du volume de la planète !), le mystère de sa formation si près du Soleil, la composition de son atmosphère extrêmement ténue, ses champs magnétiques, etc. Des résultats qui pourraient aussi permettre de comprendre la formation des exoplanètes (planètes situées hors de notre système planétaire) et qui gravitent, pour un grand nombre d'entre elles, très près de leur étoile.

Depuis la Terre, il est possible de découvrir la planète. Du 20 au 30 janvier prochains, vers 18 h 00, scrutez le ciel aux jumelles à quelque 10 degrés au-dessus de l'horizon Ouest Sud-Ouest : Mercure y est visible sous la forme d'une étoile assez faible se détachant légèrement des lueurs du crépuscule. Pour les possesseurs d'une lunette ou d'un télescope, un grossissement de 100 fois suffit à reconnaître son petit disque ayant l'aspect d'un croissant. Attention toutefois : la faible hauteur de la planète rend délicate son observation en raison des problèmes de turbulences atmosphériques.

URANIE

mercredi 16 janvier 2008

De la Mauritanie... au Maroc !

Nous avons malheureusement dû transférer notre camp astro de Mauritanie au Sud Maroc ! Rappelons que nous organisons un voyage astronomique dans le désert afin de bénéficier d'un excellent ciel mais aussi de profiter d'un cadre prestigieux à visiter.

Pour celles et ceux qui se sont inscrits (voyage du 6 au 13 avril prochains), notre site marocain est installé en plein désert, à 400 km de la première grande ville ! Des conditions idéales pour observer les objets hivernaux, mais aussi et surtout estivaux en seconde partie de nuit.

Durant la journée, des randonnées et visites sont aussi prévues...