mercredi 23 mars 2011

Des naines brunes très froides !

Des observations réalisées avec le « Very Large Telescope » de l’Observatoire européen austral et deux autres télescopes ont mis en évidence une nouvelle prétendante au statut d’étoile la plus froide connue : une naine brune appartenant à un système double et ayant une température correspondant à peu près à celle d’une tasse de thé tout juste servie – ce que nous considérons donc comme chaud en tant qu’humain, mais qui est extraordinairement froid pour la surface d’une étoile. Cet objet est tellement froid qu’il se trouve à la frontière, certes très floue, partageant les petites étoiles froides et les grosses planètes chaudes.

Le communiqué complet et les images :
http://www.eso.org/public/france/news/eso1110/

mercredi 9 mars 2011

Transits solaire et lunaire de l'ISS !

J'ai acquis en 2010 le fameux tube optique Triplet Carbone ASTRO-Professional 80/480. Un choix guidé par la volonté de posséder un instrument ultra polyvalent et très facile à emmener avec moi, grâce à ses poids et encombrement réduits. Cette lunette me permet en effet d'observer les astres, la nature (les oiseaux notamment), de photographier les planètes, le ciel profond, et des sujets animaliers (utilisation comme téléobjectif).
J'avais aussi opté pour cette lunette car je souhaitais réaliser des images des transits de la Station Spatiale Internationale devant le Soleil et la Lune. Ces derniers mois, les conditions météo ont remis à plus tard mes tentatives... Jusqu'à hier où j'ai pu réaliser un coup double avec le passage de l'ISS non loin d'un beau groupe de taches solaires dans l'après midi, et hier soir où la station croisait cette fois la trajectoire d'un beau croissant lunaire...


Préparation du matériel : ce genre d'exercice est facilité lorsque l'amateur dispose d'outils pratiques. J'ai ainsi sélectionné un filtre solaire photo (densité 4), un GPS pour connaître avec exactitude l'heure légale (installé sous le boîtier photo), un boîtier photo Canon EOS 550D, un doubleur Canon + bague allonge Kenko + adaptateur photo + tube allonge, une raquette de commande intervallomètre, des petits outils, piles de rechange, couteau suisse, lampe frontale (pour la prise de vue du soir)... Tout cela logé dans une mallette aux dimensions restreintes (51 x 31 x 21 cm).


Installation du matériel : je souhaitais effectuer des prises de vues ainsi qu'observer en direct le passage de l'ISS devant le Soleil. J'ai donc installé sur ma monture (une Vixen SP/DX) une platine multi-usage sur laquelle j'ai fixé d'un côté la Carbone ASTRO-Professional et de l'autre un PST Coronado (cette lunette permet d'observer le Soleil dans la raie H-Alpha, donc de voir la chromosphère avec son lot de protubérances spectaculaires). Le site d'observation des transits a été trouvé grâce au site Internet Calsky (inscription gratuite).


Montage du matériel : sur l'image ci-dessus, vous pouvez voir quel montage j'ai utilisé. Au foyer de la lunette, j'ai d'abord inséré un tube allonge ASTRO-Professional de 40 mm de longueur, qui permet d'obtenir la mise au point à l'infini sans devoir trop jouer sur le tirage du porte-oculaire. J'ai ensuite installé un adaptateur photo coulant 50,8 mm, le doubleur Canon, ainsi qu'une bague macro Kenko débarrassée de ses contacts électriques (ces contacts empêchent normalement le boîtier de déclencher lorsqu'un doubleur est monté dessus). En sortie de montage, le Canon EOS 550D a été choisi pour sa haute définition (18 mpix). L'EOS est piloté par une commande intervallomètre C1 qui a l'immense mérite de permettre de programmer le lancement des prises de vues (le photographe peut alors profiter tranquillement de l'observation sans stresser à l'approche de l'événement).

Place aux images : l'installation du doubleur Canon et le coefficient induit par la taille du capteur APS-C du 550D engendrent une focale résultante proche de 1 600 mm. L'exceptionnelle qualité optique de la lunette fait ensuite le reste... Le piqué est élevé (compte tenu du sujet photographié, toujours sujet à turbulences) et l'absence de chromatisme assure des zones de transitions absolument impeccables entre les taches solaires et le reste de la photosphère, ou encore entre le limbe solaire et le ciel !

Ci-dessous, l'une des trois images prises du transit (la cadence du moteur du 550D est de 3,7 i/s, le transit ayant duré 1,03s), est aussi la plus nette. Etant donné la vitesse de déplacement de l'ISS (29 000 km/h), le temps de pose utilisé était de 1/4000è s (pour 100 iso) afin d'obtenir une image la plus figée possible. Cette image est d'autant plus intéressante et rare qu'un beau groupe de taches solaires s'était invité.


Le crop 100%, recentré sur l'ISS et sur le groupe de taches, montre la bonne résolution finale (l'ISS est alors à 611 km de distance). Aucun traitement sophistiqué n'a été appliqué à cette image.


Ce transit avait lieu à 14h30, le mardi 8 mars. Dès le soir même, vers 19h15, l'ISS passait cette fois devant un croissant de lune. J'ai utilisé la même configuration pour les montages et l'instrument utilisés, hormis bien sûr en ce qui concerne le filtre solaire à l'ouverture. Cette fois, la difficulté était bien plus grande en raison de la faible luminosité de la Lune par rapport au Soleil : le temps de pose passait ainsi de 1/4000è s (pour 100 iso) à 1/180è s (pour 1600 iso). D'où des images nettement plus granuleuses, même si elles demeurent de qualité convenable.

Ci-dessous, l'ISS se situe proche du centre du disque lunaire, dans sa partie non éclairée. On voit assez bien ses principaux panneaux solaires.


Continuer dans cette voie...
La route est souvent longue avant de trouver l'instrument et les accessoires parfaits. Avec la lunette Triplet Carbone ASTRO-Professional 80/480 je pense n'avoir jamais été aussi proche de la satisfaction. J'attendais avec impatience son comportement sur des sujets photographiques de ce type... Les résultants obtenus sont très bons, exactement comme je les espérais. Et le rangement du matériel, dans la petite mallette, ne prend que quelques minutes. Bref, si vous le pouvez, n'hésitez pas : craquez vite pour ce tube optique hors normes !

Christophe Lehénaff

Nouvelles images (ajoutées à cet article le 23 mai 2011).
Les images obtenues avec cette lunette ont, depuis cet article, été grandement améliorées, grâce notamment à l'emploi d'un ensemble extendeur x1,4 et doubleur Canon empilés. Cette association permet d'agrandir encore plus l'image afin de remplir au maximum le champ couvert par le format APS-C du Canon EOS 550D. Le 21 mai dernier, j'ai assisté à un passage particulièrement spectaculaire où ISS et navette spatiale transitèrent durant seulement 0,5s (diamètre apparent de l'ensemble : environ 70" d'arc). Ci-dessous, images en plan large et crop 100%.


jeudi 6 janvier 2011

Une mise à jour attendue...

ASTRO-Professional vient de mettre à jour le "best seller" de sa gamme de lunettes ED, sa célèbre 80/560 aluminium ! 

Cette mise à jour ne concerne que l'ergonomie de la lunette (son optique, composée d'un doublet ED performant, est conservée), plus précisément sa fixation sur une monture azimutale ou équatoriale : exit les classiques colliers et queue d'aronde de fixation, place maintenant à une patte de fixation filetée au pas Kodak !
Ce changement offre un double avantage : une diminution du poids du tube (environ 500 g de gagnés) et une fixation beaucoup plus simple et agréable sur les pieds et monopodes photo. 

Ci-dessous, la nouvelle version et l'ancienne...



samedi 1 janvier 2011

Une année 2011 de bonheurs...

Toute l'équipe d'URANIE vous souhaite ses meilleurs voeux pour l'année 2011. Nous espérons pour vous et vos familles tout le bonheur du monde et, plus accessoirement, de belles observations astronomiques.

Des observations qui commencent d'ailleurs dès mardi 4 janvier, avec une éclipse de Soleil visible au lever du jour...

jeudi 23 décembre 2010

Coucher de soleil martien en vidéo...

Pour rêver un peu en cette fin d'année, nous vous proposons cette extraordinaire vidéo montrant le coucher du Soleil depuis Mars. Cette séquence a été saisie par le robot Opportunity les 4 et 5 novembre derniers.

Le défilement de l'image a été accéléré par rapport au temps réel : 30 secondes de vidéo représentent 17 minutes en réalité. Notez au passage l'incroyable dominante bleutée de l'atmosphère de la planète... rouge !

Pour la visionner, cliquez sur l'image ci-dessous...

vendredi 10 décembre 2010

Essai de terrain de l'ASTRO-Professional Triplet 80 ED Carbone

Nous avons reçu la toute nouvelle ASTRO-Professional Triplet 80 ED Carbone que nous nous sommes empressés de tester sur le ciel, en terrestre et en photographie. Nous avons été subjugués par ses performances très élevées, notamment côté correction chromatique (aucun chromatisme décelable), contraste et résolution. Pour tout dire, ce tube optique est parmi les meilleurs que nous n'ayons jamais essayé à ce jour !

En astronomie, elle fournit des images d'excellent niveau sur la Lune et les planètes. Sur Jupiter, nous avons été surpris par l'aspect brun dense de la bande équatoriale principale, plus sombre (et donc mieux visible) que dans les lunettes ED et APO concurrentes. En ciel profond, utilisée avec un oculaire grand champ performant, les images sont de haut niveau, avec une impression de piqué élevée.

En terrestre, équipée d'un redresseur à 45° et d'un zoom, là-encore les images fournies sont de haut niveau. Le chromatisme n'est jamais sensible, y compris lorsque l'on observe un sujet au soleil présentant des zones de transition franche clair/sombre.

En photographie terrestre, en particulier animalière, les résultats obtenus se situent un cran au-dessus de ceux fournis par la même lunette, mais en version doublet ED cette fois (cliquez ici). La correction du chromatisme est totale et le contraste encore meilleur ! Son ergonomie est en revanche identique, même si son encombrement est inférieur du fait de sa focale plus courte (480 mm contre 560 mm pour la version doublet). Sa longueur mini, pare-buée rétracté, est de 36,4 cm, pour un poids de 2,3 kg... Qui dit mieux ?

Notre spécialiste, Christophe Lehénaff, passionné de photo animalière, vient de nous communiquer ses premiers résultats ainsi que son sentiment concernant cette triplet 80 hors normes...

J'avoue avoir été séduit par ce tube optique qui, pour moi, rivalise vraiment avec les téléobjectifs photo APO Canon et Nikon traditionnels. Son encombrement est réduit, ce qui permet de l'adapter sur un monopode sans avoir de problèmes de flous de vibrations au de tremblements au déclenchement (pas besoin de pied photo). Autre avantage de cet encombrement réduit : la manipulation sur le terrain est assez instinctive, comme lorsqu'il faut faire la mise au point rapidement et finement sur l'oeil d'un animal par exemple. Le porte-oculaire rotatif est assez agréable à manipuler, permettant de basculer assez facilement du cadrage horizontal au cadrage vertical en une demi-seconde.

Autre aspect important : le rapport d'ouverture de 6 (contre 7 pour la version doublet ED) permet d'accrocher des vitesses un peu plus rapides et/ou de baisser la sensibilité iso du boîtier. Autre avantage d'une ouverte de 6 : les arrière et avant plans s'estompent plus, rendant l'image plus naturelle et permettant de supprimer plus facilement des grillages ou des détails du paysage peu esthétiques.

Concernant la finition carbone, de nombreux amateurs s'interrogent sur le bien fondé d'une telle finition par rapport au classique aluminium. Outre le gain sensible en poids (presque 20% de poids en moins tout de même !), je trouve la capacité d'encaisser les amplitudes thermiques nettement supérieure. Pour preuve, je prends les essais que je viens de réaliser par des températures froides (au-dessous de 0 degré). Ces températures n'ont jamais provoqué de condensations sur les lentilles de l'objectif alors que la lunette est systématiquement passée du froid au chaud durant plusieurs jours d'affilée. De même, le contact des mains sur le tube carbone froid est infiniment plus agréable qu'avec un tube alu classique.

Mieux que de longs discours, voici quelques images réalisées sur site...

Ce tigre de Sibérie n'est resté que quelques instants allongé sur la neige. D'abord de dos, il s'est retourné subitement, ne me laissant prendre qu'une seule image au 1/2000è s et 800 iso.

Ci-dessous, le crop 100% sur son oeil (la petite dégradation de l'image est liée au bruit du capteur)...
Ce puma était situé à l'ombre, à une petite dizaine de mètres de moi. Malgré le temps de pose assez lent (1/180è s) l'image est parfaitement nette sur monopode.

Ce crop 100% montre bien le potentiel de la lunette :


Ce jeune tigre blanc était situé tout près du grillage de protection. Pourtant, ce dernier est invisible sur l'image finale ! L'ouverture de 6 de cette lunette, alliée à une focale de 480 mm, permet de gommer littérablement les grillages pour des images très naturelles.

Ce lynx roux s'était installé au sommet d'un arbre à une quinzaine de mètres. La contre plongée obligatoire que j'ai du réaliser pour le photographier est facilitée par la faible longueur du tube (le photographe n'a pas à se plier en deux pour viser à travers son boîtier photo).
Une focale de 480 mm en 24x36 (768 mm au format APS-C) permet de réaliser des cadrages extrêmement serrés d'un sujet. L'ouverture de 6 fournit une image lumineuse dans le viseur de l'appareil photo : de quoi effectuer avec précision la mise au point sur l'oeil ou le museau de l'animal.
Ce lynx de Sibérie a longtemps évité l'objectif, préférant passer son temps à me narguer, toujours caché derrière des branches ou regardant dans d'autres directions. Puis, il s'est enfin retourné vers moi. Le très bon piqué fourni par cette lunette permet de réaliser d'éventuels agrandissements géants en poster.

Mes conclusions : un téléobjectif APO de 500 mm de qualité coûte extrêmement cher. Certes, celui-ci offre des atouts non négligeables tels que l'autofocus, la stabilisation (quoique peu primordiale sur un monopode), ou encore la possibilité de fermer le diaphragme (en pratique peu utile car on recherche surtout les grandes ouvertures avec ce genre d'objectif). Or, à moins de 800 €, cette APO Triplet 80 ED Carbone offre non seulement des performances photo assez exceptionnelles, mais aussi et surtout une polyvalence extraordinaire (observations astronomiques, terrestres, photo) dans un encombrement réduit. Ce tube optique représente à mes yeux un véritable "outil multi-fonctions", une sorte de "couteau suisse optique' qui servira tantôt d'instrument principal, secondaire, de lunette guide, de longue-vue terrestre, de téléobjectif, etc.
Christophe Lehénaff.

lundi 9 août 2010

Les étoiles et les planètes...

A l'occasion de la sortie de Les étoiles et planètes - Bien débuter en astronomie de notre collaborateur Christophe Lehénaff, nous lui avons posé quelques questions sur son travail et sur le marché de l'astronomie en France...
URANIE : Christophe Lehénaff, vous collaborez avec nous depuis maintenant plusieurs années. Quel bilan tirez-vous et quelles perspectives voyez-vous à court et plus long termes ?

Christophe Lehénaff : je dois dire que travailler pour et avec l'équipe d'URANIE (Christelle, Hervé et Denis notamment) est un vrai plaisir. Pour plusieurs raisons : ce sont des amis (depuis bien longtemps maintenant), l'ambiance de travail est extrêmement sympathique, et la structure même d'URANIE est axée sur le plaisir de rencontrer et de discuter avec les passionnés. Autre point crucial : chez URANIE, nous sommes tous amateurs d'astronomie, c'est-à-dire que nous sommes les premiers à pointer notre télescope ou notre PST en direction du ciel, et pour participer ou organiser un voyage afin d'observer dans des contrées propices à des découvertes spectaculaires.

URANIE : des exemples en particulier ?

CL : il y a quelques semaines, nous avons exploré la Namibie. Un pays exceptionnel tant sur le plan de ses paysages que de son ciel austral magistral. Je n'en dirai pas plus...

URANIE : revenons à l'astronomie pratiquée en France... Comment voyez-vous évoluer le marché ces prochaines années ? 

CL : difficile à dire car tout évolue extrêmement rapidement. Les matériels, les prix de vente (souvent à la baisse, mais aussi en fonction du Dollar et de l'Euro), les souhaits des amateurs (observation ou prises de vues), les techniques, les nouveautés, etc. D'ailleurs, concernant ce dernier point, il faut reconnaître que la situation actuelle d'incertitude concernant le marché de l'astronomie (victime lui aussi en partie de la crise économique) oblige les fabricants à faire preuve d'un grand dynamisme pour proposer encore et toujours des produits novateurs et performants.

URANIE : concernant votre nouveau livre, Les étoiles et les planètes - Bien débuter en astronomie, sous quel angle avez-vous abordé l'astronomie ?

CL : un angle lui aussi novateur. Les éditions Glénat, éditrices de l'ouvrage, souhaitaient un livre dédié aux grands débutants mais aussi et surtout traitant des thèmes habituellement délaissés par les concurrents. C'est ainsi que des chapitres sont réservés à la structure du milieu astronomique en France (associations, nombres de passionnés) ou encore au cursus à suivre afin de faire de l'astronomie son métier !
URANIE : en quoi ce livre est particulièrement dédié aux grands débutants ?
CL : avec Glénat, nous avons beaucoup travaillé sur le style ultra accessible et sur la synthèse des thèmes exposés. Il en résulte un ensemble avec peu de pages (64) mais hyper dense et bien structuré : les matériels pour observer, la mécanique céleste, les constellations, comment observer Jupiter, les éclipses, les principales formations lunaires à découvrir, etc.

URANIE : dernière question... Qu'aimeriez-vous dire aux amateurs qui nous contactent tous les jours par mél ou par téléphone et qui veulent progresser dans leur passion ? 

CL : conservez à l'esprit que l'astronomie est justement une passion... Ne vous prenez pas la tête, faîtes-vous plaisir, ne cherchez pas forcément la performance ou à battre le petit camarade qui a fait mieux que vous avec telle photo de telle nébuleuse. En ce moment, je suis en congé. J'ai emmené avec moi une petite monture azimutale sur laquelle je monte un PST Coronado. L'ensemble n'est pas encombrant. Tous les matins, j'observe les superbes protubérances solaires (le Soleil semble enfin se réveiller). Je ne fais pas de photos, je me contente de me faire plaisir visuellement. C'est tout ce que j'aime dans l'astronomie...